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Picto de Château de Costaérès, Tourony

Château de Costaérès, Tourony

Trégastel

  • Crédit photo : Alain Loro
  • ©/CRTB

à propos

Depuis la plage de Tourony, vous pourrez admirer un très beau point de vue sur le château de Costaérès. Cette imposante villa de style néo-médiéval date de la fin du XIXe siècle. Elle fut édifiée par un riche ingénieur polonais qui en fit sa villégiature après avoir acquis l’île sur laquelle elle est implantée. Dirigez-vous ensuite vers le port de Ploumanac’h ; vous y découvrirez deux moulins à marée caractéristiques de la région.

En savoir +
LE CHÂTEAU DE COSTAERES
Extraits du livre d’Emmanuel Mazé « Le passé retrouvé » (épuisé)
Et d’une série de reportages du Ouest-France (décembre 1995)

Au nord de la plage de Tourony, sur le sommet d’un îlot verdoyant d’une superficie de 77 ares 50 qu’entoure une forteresse de pierre battue par les flots, se découpe la silhouette moyenâgeuse du Château de Costaérès qui fait s’intègre si bien dans le paysage.

Cet îlot a d’abord appartenu à un certain Guëllaen, de Perros-Guirec, puis à René Le Brozec, douanier à Trégastel. Malgré l’aridité du sol, il y cultivait, entre deux marées, la pomme de terre et le seigle. Les héritiers de Le Brozec, à cause sans doute des difficultés de labour et du rendement médiocre des récoltes, abandonnèrent l’île, qui, à partir de 1884-1885 fut affectée au séchage du Chondrus-Crispus ou chicorée de mer, appelée aussi tantôt jargot tantôt lichen par les habitants du pays. Ce jargot servait à la fabrication des gelées, pâtes, confitures et était expédié à Cherbourg, et même dans les ports étrangers. De nos jours, cette industrie jadis si florissante a presque disparu. Cependant, par les grandes marées, on peut encore voir quelques chercheurs se livrer à la cueillette de la précieuse plante marine. Mais, Costaérès eut une autre destination. Elle servit au séchage des congres et des raies, très abondants alors sur nos côtes. La pêche était si active qu’on appelait communément l’îlot Coz Seheres, c’est-à-dire la vielle sécherie.

En 1892, un ingénieur et riche homme d’affaire d’origine polonaise, Bruno Abdank Abakanovich y fit édifier la partie est du château. Tous les matériaux durent être transportés par mer. Une partie du granit est extraite sur place, l’autre transportée depuis La Clarté en passant par Tourony. Un puit est foré et des barques d’embarquement établies. Les travaux s’achèvent en 1895 : ils auront mobilisé une vingtaine d’ouvriers pendant trois ans. Durant quelques années, le château de Costaérès connaît une vie fastueuse. Abdank et sa protégée, Anna de Wolska (qui se disait princesse), reçoivent de nombreux hôtes du monde politique et littéraire. Il s’agissait bien souvent de compatriotes ayant préféré l’exil à la domination étrangère, alors que la Pologne a été partagée entre la Prusse, l’Autriche et la Russie. On trouve parmi eux Wladilaw Mickiewicz, directeur de la bibliothèque polonaise à Paris, et Henryk Sienkiewicz, dont la légende (entretenue par l’écrivain lui-même) dit qu’il a écrit le célèbre roman « Quo Vadis » à Costaérès. Aujourd’hui les historiens s’accordent à dire que Sienkiewicz y travailla tout au plus sur sa traduction française.
Cet Abdank, qui était incontestablement un original doublé d’un philanthrope, passa à Costaérès des jours heureux. Son plus grand plaisir était de converser avec les pêcheurs du pays… Après son décès, survenu en 1900, sa fille Sophia fit construire dans le même style la partie ouest du château.
Pendant l’entre deux-guerres, diverses célébrités fréquentent le château : Léopold Marchand des Folies Bergères, Colette, Yvonne Printemps et Pierre Fresnay y passèrent même leur lune de miel.
Pendant l’occupation, les Allemands ont saccagé et brûlé le beau mobilier qui s’y trouvait. La propriétaire, Danuta Pstrokonska, décide alors de vendre Costaérès.

En 1947, Madame Jeanne Gonnon - Le Corrolier achète le château dévasté et entreprend sa restauration. La remise en état fut longue et demanda des années de travail car à cette époque, beaucoup de matériaux manquent et l’approvisionnement est difficile. A force de persévérance, le château est de nouveau en vie et accueille même Léo Ferré qui le loue plusieurs étés.
En 1966, l’îlot est vendu à Monsieur Gérard Tournier, alors directeur de l’agence musicale internationale. Il continua également à embellir Costaérès et à lui donner davantage de confort, notamment en y installant l’électricité et le téléphone. Il fit venir une pléiade de vedettes du show business (Carlos, Nicoletta, Eddie Barclay…)
Le Château changea une nouvelle fois de main avant d’être acheté par l’actuel propriétaire Dieter Hallervorden en 1988. L’acteur et metteur en scène berlinois eut un coup de foudre pour ce fleuron de la Côte de Granit Rose. Le 6 septembre 1990, le château connait un triste épisode : le feu détruit la toiture et l’étage supérieur. Monsieur Hallervorden met un point d’honneur à tout rénover à l’identique pour la fin de l’année.
« Absolument grandiose, silence et solitude propices au travail, deux spectacles magnifiques par jour » Monsieur Hallervorden parle de son île avec passion.

Signalons enfin qu’en 1893, par une violente tempête, un trois-mâts barque, « le Maurice », monté par huit hommes d’équipage, se brise sur les rochers de l’île. Par les marées d’équinoxe, on découvre à basse mer l’ancre et la chaîne rouillées du navire qui a donné son nom « Toul Maurice » à l’endroit où il se fracassa.

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Infos pratiques

  • En partie accessible
  • Parking autobus
  • Parking

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