Retour aux points d'intérêt
Picto de Le Bourg Église et Calvaire

Le Bourg Église et Calvaire

Trégastel

à propos

Cette église a été bâtie en plusieurs étapes. La construction d’origine, remontant aux XIIe-XIIIe siècles, a été remaniée à plusieurs reprises au fil des siècles… Au XVIIe siècle, un ossuaire est ajouté pour recueillir les ossements du cimetière et donne à l’église son originalité. Lors de votre visite, ne manquez pas d’admirer sa galerie à balustres et sa coupole en granite. Au XIXe siècle, le campanile à trois cloches est remplacé par l’arcature en granite que vous pouvez observer aujourd’hui. Dans l’enclos, vous trouverez la tombe de l’écrivain breton Charles le Goffic. Amoureux de sa région, il en célébra l’identité tout au long de sa vie (1863-1932), à travers de nombreuses œuvres littéraires. 

En savoir +
Extraits du livre d’Emmanuel Mazé « Le passé retrouvé » (épuisé)

L’église du bourg est un édifice très composite où tous les siècles sont peu ou prou représentés, depuis le 12ème jusqu’au 19ème siècle et qui a dû remplacer une église plus modeste de la première période romane.
On pénètre ordinairement dans l’église par le porche méridional de type courant en Bretagne. De plan carré, il est voûté en pierres de taille et date de la fin du 16ème siècle. A droite, on voir un bénitier original comportant une ouverture donnant sur l’intérieur de l’ossuaire, ce qui permettait aux fidèles de bénir les ossements entassés dans le charnier. L’ossuaire semi-circulaire du 17ème siècle, dit « ossuaire d’attache » est bâti dans l’angle extérieur droit du porche. Il présente une élégante galerie à balustres avec un toit surmonté d’une haute tourelle à coupole de granite qui contient l’escalier à vis menant à la salle des archives ou secrétairie, bâtie à la fin du 18ème siècle, peu avant la Révolution.
Faisons le tour de l’édifice. Si l’on part de la droite de l’ossuaire, on se retrouve en face d’une longère avec trois fenêtres de style gothique. Puis c’est la massive aile sud de l’église qui abrite une grande chapelle bien distincte, en forme de transept. A l’ouest, on remarque une très belle porte à gable. C’est la partie la plus intéressante de l’édifice puisqu’on peut la dater de l’époque bretonne de transition entre le roman et le gothique (12ème ou début du 13ème siècle). Ses piliers soutiennent des chapiteaux à feuilles. Le pignon méridional, soutenu par de solides contreforts, présente une grande verrière au remplage du 14ème siècle. A la suite, au sud-est, on a bâti au 18ème siècle la sacristie, probablement sur l’emplacement d’une première construction. LE chevet de l’église est plat et comporte deux grandes fenêtres aux remplages Renaissance (17ème siècle). Celle du maître –autel est de la même époque. Le bas-côté nord est éclairé par des fenêtres du 14ème siècle. Enfin, le porche ouest, dit « porte des processions » date du 14ème siècle ou du début du 15ème siècle. L’autel des oblations (dite aussi la table des offrandes) du 15ème siècle qui se dressait primitivement à l’intérieur de l’église, a été remonté dans l’enclos en face du porche. On y déposait les offrandes en nature destinées au clergé. Ces dons étaient mis aux enchères le dimanche après la grand-messe.

Dans l’église, on peut admirer :
- Un bénitier roman à figures grotesques, scellé dans le mur à droite de l’entrée du porche.
- Une ancienne mesure à blé en pierre du 14ème siècle, dite « praebendarium », destiné à recevoir les offrandes en grains. Une coutume imposait aux moissonneurs de venir tremper leurs faucilles puis de les aiguiser sur le rebord de la pierre. ON en connaît deux autres dans la région : l’une dans l’église de Perros-Guirec, et l’autre dans celle de Brélévenez à Lannion.
- La chaire à prêcher du 17ème siècle.
- Une poutre de gloire installée d’une manière anormale au fond de la nef au-dessus de la tribune, alors que sa place est impérativement en haut de la nef entre le clergé et les fidèles.
- Deux bannières anciennes : Saint Laurent et Saint Gorgon.
Le chœur, le transept et l'ossuaire, d'une part, et la nef, d'autre part, ont été respectivement classés au titre de la législation sur les Monuments Historiques par arrêtés du 14 juin 1909 et du 17 mars 1916.

L’église de Trégastel est maintenant placée prioritairement sous le vocable de Sainte Anne (tant vénérée en Bretagne et si chère au cœur valeureux du célèbre Jean de Lannion), après avoir été jadis sous celui de Saint Laurent. Le choix de ce premier patron s’explique sans doute par l’influence que devaient exercer sur la paroisse les chevaliers hospitaliers de Saint Jean-de-Jérusalem, propriétaires de la commanderie de Palacret en Saint Laurent près de Bégard. L’existence, à Trégastel, d’un établissement dépendant de cette commanderie est attestée par le nom du lieu-dit Palacret.
Une fontaine très abondante à Kerfeunten porte le nom de Saint Laurent. Juste en contrebas de cette fontaine, on remarque un curieux édifice rectangulaire de modeste dimension mais sa maçonnerie particulièrement soignée et le fait qu’elle semble ne faire qu’un avec la fontaine dont l’eau s’écoule en la traversant, fait penser à un édifice religieux. Peut-être se trouve-t-on en présence d’un sanctuaire en l’honneur de Saint Laurent ?

LES SECONDES FUNERAILLES
Il faut dire qu’autrefois, c’est-à-dire avant l’institution des concessions funéraires à perpétuité, les sépultures des gens du peuple n’étaient que provisoires. Lorsque le cimetière, non extensible puisqu’enserré entre l’église et les maisons du bourg, était plein de tombes, il fallait faire place nette en exhumant les restes des anciens trépassés. Ceci se produisait au moins tous les cinq ans. La dalle funéraire était reprise par la famille et pieusement conservée dans un endroit remarquable du logis : devant l’âtre devant le seuil…. Les ossements étaient alors entassés pêle-mêle dans l’ossuaire.
Quand l’ossuaire débordait, le clergé ordonnait la cérémonie dite « des secondes funérailles ». Elle débutait par une messe in memoriam puis on procédait à la translation des ossements dans la fosse commune. Un tableau du peintre Poilleux Saint Ange daté de 1896, représente cette cérémonie à Trégastel.


LE CALVAIRE DE TREGASTEL à 400 m de l’église du bourg
C’est le 12 février 1872, l’abbé Frouin, chanoine honoraire, curé de Perros-Guirec invité par l’abbé Bouget*, procède à la bénédiction de la première pierre du calvaire. Dès le lendemain, le recteur ouvre le chantier. Les premières victimes du bâtisseur improvisé sont les rochers des environs. Des carrières s’ouvrent en plusieurs endroits, là où la roche affleure. Et tandis que les tombereaux des paysans transportent les blocs de granite grossièrement équarris, d’autres hommes les disposent sans mortier sur le sommet du tertre. Bien vite, une sorte de crypte se forme avec sa large entrée, ses fenêtres, sa coupole ; tandis que monte en spirale, un étroit chemin bordé extérieurement de blocs de granite.
Le recteur à l’enthousiasme communicatif, paie, mêlant son argent personnel à celui des offrandes ; il court le pays à la recherche de bonnes volontés et d’argent frais jusqu’au jour où il est bien obligé de reconnaitre qu’il est submergé des dettes. Des notables locaux lui suggèrent de monter à Versailles tendre la main aux députés catholiques. Hélas ! Ces beaux messieurs lui tournent le dos en ricanant. Désemparé, notre curé se retrouve dans sa paroisse plus pauvre que jamais. Mais lorsqu’on apprend en Bretagne à quoi s’était réduite la générosité des messieurs de Versailles, les dons affluent de partout au presbytère de Trégastel.
La partie supérieure de l’édifice, une haute colonne tronc-pyramide, est édifiée en belles pierres de taille. Les célèbres ateliers Hernot de Lannion fournissent un grand christ en kersanton (aujourd’hui placé à l’entrée de la chapelle sainte Anne) et out l’agencement du calvaire est effectué avec le plus grand soin. Le 7 décembre eut lieu la bénédiction de la chapelle et sa dédicace à Notre Dame-de-Pitié.

Le visiteur se trouve d’abord devant la chapelle fermée par une grille. L’autel est surmonté du groupe de la Piéta. Le chemin en spirale monte jusqu’à la plate-forme supérieure. Dans une première niche se présente la statue en granite d’un laboureur à genoux et tenant une bêche. Puis, dans une grande niche qui regarde le sud, se dresse une belle statue en bois du Sacré-Cœur, malheureusement dans un état extrême de délabrement. En progressant encore sur ce chemin, on voit successivement les statues de saint Laurent, Saint Joseph à l’Enfant Jésus, Saint Yves et enfin, sur le rebord extrême, face au nord, Saint François-Xavier.
*L’abbé Bouget érigea également la statue du Sauveur du Monde au-dessus de l’actuel Aquarium Marin.

Localiser

Infos pratiques

  • En partie accessible
  • Parking autobus
  • Parking

Partager ce point d'intérêt

Fermer

Connexion

Utiliser vos comptes Facebook ou Twitter pour vous connecter

Se connecter avec Facebook Se connecter avec Twitter
Fermer
Fermer

Créer un compte

Utiliser vos comptes Facebook ou Twitter pour vous connecter

Se connecter avec Facebook Se connecter avec Twitter